Vos émotions influencent les résultats de vos placements plus que vous ne l’imaginez

Dumai, Vermette Gestion de patrimoine |

Quand on parle d’investissement, on parle souvent de rendements, de diversification et de cycles économiques. Pourtant, un facteur encore plus important façonne nos décisions financières : le cerveau humain. 

La finance comportementale s’intéresse à la manière dont la psychologie et les biais influencent les choix financiers des individus et, par conséquent, les marchés. Plus simplement, elle explique pourquoi les investisseurs peuvent adopter des comportements souvent irrationnels liés à l'argent et à l'investissement.  

Dans cet article, nous allons explorer quelques principaux biais qui influencent vos résultats et, surtout, comment bien les reconnaitre pour devenir de meilleurs investisseurs. 

 

La finance traditionnelle vs la finance comportementale 

La théorie financière classique repose sur une idée simple : l’investisseur est rationnel et cherche à maximiser son rendement. On suppose qu’il analyse l’information de manière 100% objective et prend des décisions optimales. 

En pratique, on se rend compte assez rapidement que ce n’est pas tout à fait vrai. Les décisions financières sont largement influencées par les émotions, les croyances parfois erronées, la tolérance au risque fluctuante dans le temps et la personnalité de l’investisseur. 

 

Pourquoi est-ce important pour un investisseur 

Il est important de comprendre que les biais peuvent nuire à vos résultats plus que n’importe quelle fluctuation boursière. En pratique, cela signifie, par exemple : 

  • D’éviter de vendre en panique lors d’une baisse des marchés;

  • De garder une stratégie stable malgré les émotions du moment;

  • D’avoir une bonne compréhension de comment vous, personnellement, réagissez au risque. 

Plus facile à dire qu’à faire, me direz-vous ! Cependant, les investisseurs qui sont conscients de ces éléments sont plus disciplinés et bénéficient donc en général d’une meilleure performance à long terme. 

 

Attention à ces biais cognitifs et émotionnels

Excès de confiance et optimisme

L’excès de confiance peut pousser un investisseur à surestimer ses capacités de sélection ou à croire qu’il peut prédire efficacement la direction des marchés. C’est un biais très répandu, notamment chez les expérimentés. Il peut se manifester, par exemple, par des transactions trop fréquentes ou une concentration excessive dans certains titres. Similairement, les investisseurs ont tendance à être trop optimistes par rapport aux marchés, à l’économie et au potentiel de rendement de leurs placements.

 

La récence

C’est tout simplement la tendance à se souvenir et à accorder trop d’importance aux évènements récents, au détriment d’une perspective à long terme. Entre autres, il peut vous porter à croire à tort que la tendance actuelle va se poursuivre indéfiniment et peut pousser à des décisions indisciplinées.

 

Dissonance cognitive et confirmation

Il s’agit de l’inconfort que l’on peut ressentir lorsque de nouvelles informations disponibles viennent contredire nos croyances, nous poussant ainsi à minimiser ou à rejeter l’information obtenue. En pratique, un investisseur pourrait ainsi refuser d’admettre qu’un titre n’a plus les fondamentaux qui justifiaient son achat initial et vouloir malgré tout conserver ce titre dans son portefeuille en pensant que la situation va finir par se corriger. Dans le même sens, le biais de confirmation consiste à chercher, retenir et interpréter l’information de manière à valider une opinion déjà formée : l’investisseur met ainsi l’accent sur ce qui confirme son opinion et ignore les signaux contraires à celle-ci. 

 

Autocomplaisance

L’autocomplaisance est la tendance qu’on certains à attribuer leurs succès à leurs propres compétences et leurs échecs à des facteurs externes. Cette perception sélective empêche l’investisseur de voir clairement et d’apprendre de ses erreurs. Avec le temps, c’est une dynamique qui empêche de réévaluer ses propres méthodes et d’améliorer la rigueur de son processus décisionnel. 

 

Aversion à la perte 

Les études démontrent que la peur de perdre est deux fois plus importante que la volonté de gagner. Cela se reflète également dans les décisions en matière d’investissement. Par exemple, il peut être possible de refuser des opportunités qui sont pourtant rationnelles, de vouloir vendre trop tôt les placements gagnants ou de garder top longtemps les perdants. 

 

Comment limiter l’effet des biais dans votre stratégie d’investissement ? 

Il va s’en dire que le plus grand risque lié à votre stratégie d’investissement n’est pas le marché, mais est plutôt votre réaction face au marché. 

Heureusement, il est possible de mettre en place une approche qui vous permettra de réduire votre propension à être victime de ces biais. Celle-ci s’articule autour de 4 piliers : 

  1. Mettez en place un plan d’investissement clair, cela réduira l’impact de vos émotions dans les moments difficiles. 

  2. Automatiser certaines décisions. Les contributions automatiques, le rééquilibrage périodique ainsi que la diversification réduisent les erreurs liées à l’impulsivité. 

  3. Documenter vos décisions. Cela vous permettra de vous rappeler pourquoi vous avez choisi d’investir dans un produit de placement « x » et réduira l’influence des émotions futures. 

  4. Travailler avec un conseiller qui comprend ces biais. Un bon conseiller vous aidera à garder le cap, surtout dans des périodes de stress. Celui-ci doit être capable de vous dire ce que vous devez entendre, et non ce que vous voulez entendre. 


  5. Alex Dumai et Jonathan Vermette, associés chez Dumai, Vermette Gestion de patrimoine, appuient les propriétaires d’entreprises qui approchent le retrait des affaires en aidant ces derniers à faire de leur entreprise et de leur patrimoine une source de revenu durable, indépendamment des conditions de marchés.

    Les lecteurs peuvent connecter avec Alex et Jonathan sur LinkedIn, ou sur leur site web où ils pourront en apprendre davantage sur comment ceux-ci accompagnent cette clientèle.